Peramide

 

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Le gouvernement du Québec a raison d’insister sur l’intégration de nouveaux arrivants à la société québécoise, surtout en termes linguistiques. À juste titre, le taux de francisation chez les derniers arrivants laisse beaucoup à désirer, surtout dans la Métropole québécoise. Il est très difficile de ne pas être en accord avec la position adoptée par l’actuel gouvernement du Québec en ce qui a trait à la francisation et à l’accompagnement des travailleurs étrangers. Toutefois, la bonne volonté du gouvernement ne suffit pas et il faut aller plus loin en matière d’intervention.

Pour le gouvernement, la question de l’intégration se résume à une « responsabilité partagée » entre l’État et les nouveaux arrivants. Pour aller plus loin, il faut engager un troisième acteur dans l’équation: le Patronat.

La réflexion sur la collaboration à trois piliers doit débuter nécessairement avec le constat suivant: le processus d’intégration de nouveaux arrivants à la société d’accueil est généralement traversé par de nombreux obstacles qui échappent au contrôle de l’État, ainsi qu’à la volonté d’intégration de nouveaux arrivants. Il est fort probable que ces derniers soient généralement surqualifiés, démotivés, stressés, endettés, etc. À bien des égards, les nouveaux arrivants sont dépassés sur les plans linguistique, socioculturel, expérientiel, interpersonnel et professionnel. Ils sont rarement conscients du « Choc » qu’ils vivent et des mécanismes de défense qu’ils activent pour y faire face au nouveau contexte. En général, les nouveaux arrivants peuvent avoir tendance à entretenir le cercle vicieux de la ghettoïsation, et ce, malgré la bonne volonté de l’État québécois et les nombreux services mis à leur disposition.

Aujourd’hui, le milieu de travail est l’espace à privilégier si l’on veut réellement favoriser l’intégration des nouveaux arrivants à la société d’accueil. Pourquoi?

La raison est bien simple. Bien des immigrants choisissent d’aller travailler avant de se franciser, surtout pour des questions financières et des responsabilités familiales. Par conséquent, les problèmes d’intégration se pérennisent étant donné que les obstacles se multiplient. C’est pourquoi on considère que la responsabilité à l’égard de ces travailleurs se doit d’être réellement partagée par le gouvernement du Québec (État), les nouveaux arrivants et les entreprises québécoises (Patronat). Les entreprises québécoises peuvent contribuer à l’intégration professionnelle et sociale des travailleurs d’origine étrangère en investissant dans le développement des compétences personnelles (savoir-être) et professionnelles (savoir-faire) adaptées au milieu de travail et au contexte social plus large. Une intégration professionnelle réussie peut être synonyme d’intégration sociale si l’on considère que le travail, en tant qu’activité collective, favorise à la fois le développement économique et la solidarité sociale de nos sociétés.

La Figure 1 montre le cercle vertueux de collaboration entre les trois acteurs précités.

Figure 1. Cercle vertueux de collaboration.