Peramide

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Le Québec traverse actuellement une crise d’employabilité liée à la pénurie de main-d’œuvre. Pour y répondre, le gouvernement québécois adopte une série des mesures qui favorisent l’importation massive des travailleurs étrangers.

Une chose est certaine : le développement économique du Québec est de plus en plus dépendant de la main d’œuvre faite ailleurs. Aujourd’hui, les questions que l’on se pose sont surtout de nature économique et… politique évidemment. Personne ne semble s’interroger sur les questions de santé, de sécurité et de bien-être de ces travailleurs étrangers qui, à bien des égards, ne comprennent pas la langue de Molière et sont, pour ainsi dire, des victimes potentielles de la prédation et de la maltraitance de certains employeurs. Comment réagit-on face à cette réalité? Doit-on dans un contexte multiculturel, maintenir une approche classique de la sécurité et de la santé en milieu de travail? Ou, faut-il inévitablement inclure systématiquement la question du bien-être de ces travailleurs vulnérables sur le marché du travail?

La La Loi sur la santé et la sécurité au travail est claire sur un aspect : les mesures de sécurité adoptées dans les entreprises québécoises visent « l’élimination à la source même des dangers pour la santé, la sécurité et l’intégrité physique des travailleurs » (Art. 2, LSST). » (Art. 2, LSST).

De tradition classique, cette loi met l’accent sur la prévention des blessures et des maladies tangibles en milieu de travail, voire physiques, matérielles, observables. Elle ne tient pas compte de l’élargissement des concepts clés dans le domaine (sécurité et santé) et néglige ces autres blessures et maladies qui sont, pour ainsi dire, de nature intangible. Mais, si l’on s’appuie sur la définition offerte par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le concept de « santé » inclurait implicitement le « bien-être physique, mental et social ».

Face à la marée d’immigrants qui viendra combler les postes vacants, il est approprié de dire que les entreprises mondialisées, en tant que personnalités juridiques, sont tenues de veiller sur la santé et la sécurité (tangibles et intangibles) de ces travailleurs étrangers et de réduire les dangers à la source. Or, la question de la « source » est complexe et mérite d’être traitée avec rigueur lorsqu’il s’agit d’intervenir auprès d’une population aussi vulnérable. L’immigration en soi est un facteur vulnérabilisant. Il faut donc mettre en place les bonnes pratiques préventives.

Plus précisément, il faut travailler à la création d’un cercle vertueux de coopération entre trois piliers de la société : le gouvernement, les entreprises, et les travailleurs d’ici et d’ailleurs.

Conclusion

Pour avancer dans cette direction, un changement d’imaginaire s’impose au sein même de l’entreprise. Le Patronat devra en effet prendre au sérieux l’idée selon laquelle le développement des compétences de ces travailleurs étrangers, à la fois professionnelles (savoir-faire) et personnelles (savoir-être), s’avère la stratégie la plus rentable et effective, non seulement en termes de performance humaine et productive, mais aussi du point de vue social et économique.